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I. Introduction et conseils pratiques pour l’utilisation de la présente série d’enjeux

La présente série d’enjeux vise à fournir aux radiodiffuseuses et aux radiodiffuseurs les informations dont ils besoin pour réaliser des émissions radiophoniques efficaces et divertissantes sur la chaîne de valeur de la pisciculture ou l’aquaculture. Les activités afférentes à la chaîne de valeur aquacole englobent l’élevage, la transformation et la commercialisation du poisson d’élevage.

La série d’enjeux met l’accent sur l’aquaculture au Malawi, mais les renseignements qui y figurent peuvent être facilement adaptés à d’autres pays de l’Afrique subsaharienne qui pratiquent l’aquaculture.

La série d’enjeux commence par cette introduction, puis la Section 2 propose deux histoires vécues par des pisciculteurs maliens et ghanéens.

La Section 3 propose des informations générales précises sur les activités relatives à la chaîne de valeur aquacole. Veuillez vous consulter l’Élément 9 «Initiation aux chaînes de valeur» de l’Ensemble de ressources 95, qui vous propose une définition de la «chaîne de valeur» et qui vous permettra de mieux comprendre les raisons pour lesquelles les chaînes de valeur sont importantes pour les radiodiffuseuses, les radiodiffuseurs, les agricultrices et les agriculteurs.

La dernière section, à savoir la Section 4, dresse une liste d’autres sources d’information sur la chaîne de valeur, y compris les organismes de référence, les émissions radiophoniques en ligne, les vidéos en ligne et la documentation en ligne. Vous pourriez utiliser les informations de la présente série d’enjeux de plusieurs manières. Par exemple:

  • Les histoires de la section 2 pourraient servir de base pour la conception d’histoires ayant trait à votre localité. Nous vous suggérons d’interroger des producteurs, des commerçants et d’autres acteurs du secteur aquacole.
  • La section 3 peut vous procurer des renseignements de base pour la réalisation d’une émission sur l’aquaculture.
  • Vous pourriez contacter une ou plusieurs organisations figurant sur la liste proposée à la section 4 pour demander des informations ou réaliser des entrevues avec des experts.
  • Vous pourriez utiliser les ressources sonores et vidéo, ainsi que la documentation en ligne de la section 4 pour réaliser des émissions sur l’aquaculture.

II. Histoire 1 sur l’aquaculture

Mohamed Farota
est un agriculteur malien qui cultive du riz paddy et élève des carpes et des silures simultanément dans le même champ. Il cultive à Baguineda, une localité située à environ 35 kilomètres de Bamako, la capitale malienne. M. Farota s’est lancé dans la rizipisciculture intégrée en 2007. Il a aménagé des fosses spéciales pour ses poissons aux extrémités de ses rizières. Depuis qu’il a introduit les poissons dans ses rizières, sa production de riz a augmenté et il gagne bien sa vie grâce à la vente des carpes fraîches et des silures fumés. Vous pouvez avoir plus d’informations sur les activités de rizipisciculture intégrée menées par M. Farota dans l’Élément 5 du présent Ensemble de ressources.

Histoire 2 sur l’aquaculture

Peter Opoku
est pisciculteur dans la région ashanti au centre du Ghana. Il possède 5 étangs piscicoles sur son exploitation agricole de 20 acres. Il a entamé l’élevage de poissons après qu’un ami l’a convaincu que son sol, souvent saturé et gorgé d’eau de pluie, se prêterait parfaitement à la pisciculture. Même si la première saison ne lui a pas rapporté beaucoup d’argent, il a pu bien nourrir sa famille et est devenu un vrai mordu de l’aquaculture. Cinq ans plus tard, son activité prospère. Il pratique la culture associée et la pisciculture, a développé un système efficace de mélange d’aliments pour poissons et considère toujours la pisciculture comme une activité enrichissante et passionnante. Vous en saurez davantage sur Peter Opoku en lisant l’Élément 4 du présent Ensemble.

III. Informations générales sur les activités aquacoles au Malawi

Pourquoi élever du poisson?

Plusieurs raisons pourraient inciter les agricultrices et les agriculteurs d’exploitations familiales à ajouter un étang de pisciculture à leur exploitation:

  • Les poissons croissent rapidement et génèrent un rendement immédiat du capital investi. Les alevins, poissons fraîchement éclos qui pèsent entre 5 et 20 g, sont prêts à être commercialisés ou vendus au bout de 6 ou 8 mois et peuvent rapporter environ 3 à 4 $US par kilo. Le prix de vente est 25 fois supérieur aux frais liés à l’alimentation et aux soins apportés aux poissons, ainsi qu’à leur commercialisation.
  • Il existe un marché florissant pour le poisson d’élevage.
  • Avec une planification minutieuse, il est possible de satisfaire régulièrement et efficacement la demande, et d’éviter tout gaspillage en récoltant seulement la quantité que vous pouvez vendre.
  • Contrairement à d’autres animaux d’élevage, les poissons souffrent rarement de maladies.
  • Vous pouvez utiliser une terre impropre à d’autres usages, même les petites parcelles, pour la pisciculture.
  • Une fois aménagées, les fermes piscicoles sont faciles d’entretien. Cela vous accorde plus de temps pour vaquer à d’autres occupations.
  • Le poisson est une bonne source de protéines de haute qualité et d’autres nutriments essentiels, et il contient des nutriments particulièrement importants pour les mères et les enfants.
  • La pisciculture permet d’économiser les ressources en eau, car, contrairement, à d’autres produits agricoles, le poisson ne consomme pas beaucoup d’eau. Par conséquent, vous pouvez utiliser la même eau pour irriguer les cultures ou les légumes que vous cultivez près de l’étang piscicole. Cela est en particulier important à un moment où le changement climatique réduit les réserves d’eau dont disposent les agricultrices et les agriculteurs.

De quel matériel avez-vous besoin?

L’aménagement et l’exploitation d’une petite ferme piscicole nécessitent des machettes, des houes, des pelles, des pioches, des brouettes, des rubans, des piquets en bois, des ficelles, de la chaux agricole, des alevins, de l’engrais, une balance et des filets à main, sans oublier évidemment, de la terre et la main-d’œuvre.

Envergure de la pisciculture

Pisciculture à petite échelle
En Afrique, plus de 90 % des piscicultrices et des pisciculteurs sont des agricultrices et des agriculteurs d’exploitations familiales, qui possèdent un ou quelques étangs en terre d’une superficie de moins de 500 m2, construits et exploités par la main-d’œuvre familiale. Ces étangs produisent normalement entre 300 et 1000 kg par hectare une fois l’an, et le moment choisi pour la récolte est fonction de la disponibilité des alevins, l’approvisionnement d’eau et la demande locale. Sur les petites fermes piscicoles, près de la moitié du poisson est consommé par la famille et la moitié vendue ou commercialisée aux voisins. Le poisson améliore l’état nutritionnel des membres de la famille.

Les étangs piscicoles permettent aux agricultrices et aux agriculteurs d’exploitations familiales d’avoir un petit montant d’argent pour les situations d’urgence, les frais de scolarité et d’autres besoins. Les agricultrices et les agriculteurs d’exploitations familiales n’achètent pas beaucoup d’intrants. Le rendement dépend presque entièrement du compost, du fumier et d’autres matières biologiques récupérées sur l’exploitation et recyclées par le biais des étangs.

Au Malawi, les meilleurs rendements obtenus par les fermes piscicoles sont d’environ 1500 kg par hectare et par an, et sont en grande partie constitués de petits tilapias. L’étang piscicole est généralement intégré à un autre type d’activité agricole, y compris les jardins potagers et l’élevage. Les étangs peuvent fournir de l’eau pour l’irrigation en cas d’urgence. En outre, le bétail, les sous-produits des produits agricoles et les résidus de culture peuvent être rajoutés au contenu des étangs, permettant ainsi de transformer les déchets de mauvaise qualité en poissons de grande valeur au coût minimum. (cf. ci-dessous pour en savoir davantage sur la pisciculture intégrée à l’agriculture et la pisciculture intégrée à l’élevage de bétail).

Des études démontrent qu’au Malawi les exploitations agricoles ayant intégré des étangs piscicoles génèrent presque six fois le montant d’argent que gagnent des agricultrices ou des agriculteurs d’exploitations familiales ordinaires. Il existe des fermes piscicoles artisanales similaires à travers l’Afrique, qui produisent des tonnes de poisson chaque année pour les familles en milieu rural.

Petites et moyennes entreprises piscicoles (PME)
Certains agricultrices et agriculteurs africains diversifient leurs cultures de rente en réorientant quelques-unes de leurs activités et leurs capitaux vers l’aquaculture. Ces agricultrices et agriculteurs ont tendance à construire plus d’étangs que les piscicultrices et pisciculteurs artisanaux, utiliser des techniques plus coûteuses, employer des salariés et acheter des alevins et d’autres intrants, en particulier des aliments et des engrais. Ils transportent habituellement leur poisson dans les petites localités ou les grandes villes où de riches clients paient comptant. La principale différence entre les PME et les pisciculteurs et pisciculteurs artisanaux est que les pisciculteurs artisanaux veulent surtout assurer sa sécurité alimentaire, diversifier les activités de leurs exploitations et avoir un petit revenu, alors que les PME piscicoles veulent se faire de l’argent, et ce, parfois aux dépens des questions de diversité et de durabilité.

À l’instar des piscicultrices et pisciculteurs artisanaux, les piscicultrices et les pisciculteurs des PME ont des problèmes, y compris les frais de transport élevés (pour les agricultrices et les agriculteurs vivant loin des riches marchés urbains) et le manque d’infrastructures de commercialisation, en particulier les fabriques de glace et les installations salubres. Étant donné que le poisson commence à s’avarier vers la fin de la journée de récolte, ces problèmes réduisent la capacité des piscicultrices et des pisciculteurs des PME à négocier de bons prix. Cela, bien évidemment, s’applique également aux piscicultrices et aux pisciculteurs artisanaux.

Le secteur aquacole dirigé par les PME est relativement bien développé en Afrique du Sud et au Nigeria, et il est en expansion au Cameroun, au Ghana, en Ouganda, en Angola, en RDC, en Zambie et au Kenya.

Élevage de poisson d’aquaculture

Les espèces de poissons plus souvent élevés au Malawi, et dont les noms en chewa sont entre parenthèses, sont les trois espèces de tilapias, dont la carpe (chilunguni), l’Oreochromis shiranus (makumba), l’Oreochromis karongae (chambo), ainsi que les espèces de silure, y compris le Clarias gariepinus (mlamba). Certaines de ces espèces sont très utilisées par les piscicultrices et les pisciculteurs d’autres pays africains. Consultez les agents de vulgarisation pour connaître les espèces les plus répandues et les plus adaptées à votre pays et votre région.

Veuillez contacter des agents de vulgarisation locaux, des organismes de référence ci-dessous cités ou d’autres experts si vous avez besoin de plus de détails sur informations générales quelconques fournies ci-dessous. Choix du site pour l’étang

  • Choisissez une terre en légère pente, assez grande pour construire un étang d’au moins 10 m sur 10 m.
  • L’étang doit être exposé entièrement au soleil et ne pas être entouré d’arbres. Les arbres peuvent abriter des prédateurs comme les oiseaux piscivores.
  • Le sol ne doit pas permettre à l’eau de s’infiltrer. Les sols très argileux sont les meilleurs sites pour construire des étangs piscicoles. Vous pouvez vérifier en creusant un trou d’essai d’une profondeur d’au moins quatre pieds, que vous remplirez d’eau et que vous retournerez voir le lendemain pour vérifier si l’eau a disparu. Il serait bon de creuser des trous d’essai sur de nombreux sites.
  • Vous devez avoir une source fiable et accessible d’eau potable, naturelle, car l’eau doit couler sans arrêt à travers l’étang. Les sources englobent les sources souterraines, les ruisseaux et les détournements de rivière. L’eau de forage ou l’eau courante vous reviendra probablement trop cher. L’eau chlorée est toxique pour les poissons.
Construction de l’étang

  • Débarrassez le site de toute la végétation qui s’y trouve.
  • Mesurez et bornez la surface de l’étang avec des piquets de bois et des ficelles avant de procéder à la construction.
  • Les étangs doivent avoir une forme rectangulaire ou carrée et non circulaire. Les plus grands étangs, qui mesurent jusqu’à 50 m sur 100 m, sont plus faciles à gérer. Les côtés de l’étang doivent être inclinés vers l’extérieur.
  • L’étang doit avoir un demi-mètre de profondeur au niveau de la partie la moins profonde par où l’eau entre et descendre en pente douce jusqu’à un mètre et demi au niveau de la partie profonde où l’eau quitte l’étang. La pente qui se trouve dans l’étang permet un bon drainage de l’étang par le tuyau de vidange.
  • Désembourbez l’étang et amoncelez la terre tout autour de l’étang pour former une digue. Ajoutez une fine couche de chaux agricole au fond de l’étang. Cela permettra d’éliminer des organismes nuisibles tels que les sangsues, et favoriser la croissance de minuscules animaux et plantes dont pourront se nourrir les poissons. S’il y a déjà de l’eau dans l’étang, mélangez la chaux avec l’eau et répandez uniformément le mélange sur la surface de l’eau.
  • Remplissez l’étang d’eau.
  • Clôturer l’étang 24 heures après le chaulage.
Tuyaux d’entrée d’eau, de fuite et de vidange
Les étangs piscicoles doivent être équipés d’un tuyau d’entrée d’eau qui permet d’alimenter l’étang en eau, un tuyau de trop-plein qui empêche l’étang de déborder si jamais le canal d’alimentation reste ouvert par inadvertance et un tuyau de vidange pour permettre aux piscicultrices et aux pisciculteurs de vider l’eau de l’étang pour nettoyer ce dernier de temps en temps. Les tuyaux de trop-plein et de vidange doivent être installés dans la partie profonde de l’étang.

Le tuyau d’entrée d’eau doit avoir un plus petit diamètre que celui du tuyau de trop-plein, et être installé à moins de 20 cm au-dessus de la surface de l’eau pour éviter que les poissons ne s’échappent. Il doit être bien surveillé pour éviter que des poissons ne pénètrent dans l’étang de l’extérieur.

Les dégorgeoirs doivent être équipés d’un collier étanche et d’un collier de fixation. Le collier étanche empêche une résurgence d’eau du «joint» où le tuyau de fuite et le sol se rejoignent. Sans le collier étanche, il y a une fuite d’eau dans la majorité des étangs.

Lorsqu’il est hors d’usage, le tuyau de vidange est rempli d’air, ce qui signifie que le tuyau aura tendance à flotter. Si le tuyau est mal fermé au fond de l’étang, un dysfonctionnement peut survenir au niveau de la lyre de dilatation ou des fuites d’eau peuvent se produire. L’installation d’un collier de fixation juste après la lyre de dilation servira à prévenir ce type de dysfonctionnement en ce qu’il permet de maintenir le drain et la pipe de sortie.

Fertilisation de l’étang
La fertilisation de l’étang favorise la croissance de minuscules plantes et animaux tels que les algues et le plancton qui constituent une nourriture naturelle pour vos poissons. L’avantage supplémentaire est que les algues changent la couleur de l’eau en couleur verte, ce qui fait que des prédateurs comme les oiseaux et les serpents auront de la difficulté à voir à travers l’eau et qu’ils ne pourront plus ainsi attraper les poissons. Vous pouvez utiliser du fumier de ferme ou des engrais chimiques. Ajoutez les engrais toutes les deux semaines ou lorsque vous vous rendez compte que l’eau s’éclaircit. Le tableau suivant indique la quantité d’engrais que vous devez utiliser pour chaque 100 m2 de l’étang (un étang de 10 m sur 10 m mesure 100 m2)

Engrais
Quantité au 100 m2 de l’étang
Bouse de vache, de chèvre ou de mouton 6 kg
Fiente de poule, de canard ou d’oie 2,5 kg
Urée 1 kg
DAP (Phosphate diammonique) 1 kg
Superphosphate triple 1 kg

Pour avoir de meilleurs résultats, mélangez bien le fumier de ferme ou l’engrais avec l’eau de l’étang et répandez-le uniformément sur toute la surface de l’étang. Empoissonnement de l’étang

  • Achetez les alevins dans une ferme piscicole reconnue de votre région.
  • Attendez quatre jours après la fertilisation avant d’empoissonner l’étang.
  • Transférez les alevins dans l’étang le plus tôt possible (au bout de six heures).
  • Ajoutez trois alevins de tilapia pour chaque mètre carré de la surface de l’étang ou deux alevins de silure par mètre carré. Ensuite, vous devriez empoissonner un étang de 10 m sur 10 m pour une surface de 100 m2 avec 300 alevins de tilapia ou 200 alevins de silure.
  • Placez les alevins dans un seau d’eau douce.
  • Faites descendre tout doucement le seau contenant les alevins dans la partie peu profonde de l’étang.
  • Inclinez graduellement le seau pour permettre aux alevins de nager vers l’étang.
  • Important: Si les alevins ne sont pas introduits tout doucement dans l’étang, ils pourraient mourir à cause des remous.
Alimentation complémentaire

  • Pendant le premier mois, les jeunes alevins se nourriront d’aliments naturels (algues, plancton, etc.) qui se trouvent dans l’étang.
  • Après le premier mois, vous devez alimenter les alevins deux fois par jour.
  • Les bons aliments englobent le tourteau de soja, le son de maïs ou de blé. La quantité d’aliments dépend de la taille et du nombre de poissons se trouvant dans l’étang. Les poissons doivent consommer normalement une quantité de nourriture qui équivaut à 3 % de leur poids chaque jour. Vous devez prélever des échantillons de poissons pour les peser tous les mois, en vue d’ajuster le taux d’alimentation.
  • Les aliments complémentaires comprennent:
    • des tranches de chou fourrager ou des fanes de patate douce émincées
    • des termites et des fourmis
    • de petites crevettes d’eau douce (indisponibles au Malawi)
    • des restes de petits poissons attrapés par les pêcheurs
    • de la farine de poisson de fabrication locale
Surveillance des poissons

  • Passez voir vos poissons régulièrement et pesez-les tous les mois à l’aide d’une senne. Cela permettra également aux piscicultrices et pisciculteurs d’ajuster le taux d’alimentation, en fonction de la taille et du nombre des poissons que contient l’étang.
  • Les alevins doivent prendre grossir d’au moins 10 g au cours du premier mois. Ils doivent continuer à croître régulièrement tous les mois.
Entretien de l’étang

  • Désherbez complètement la zone entourant l’étang.
  • Clôturez l’étang pour éviter que des enfants, des animaux et des voleurs y pénètrent.
  • Maintenir le niveau d’eau entre un demi-mètre et un mètre et demi de profondeur.
  • Retirez une petite quantité d’eau et ajoutez de l’eau douce pour aérer l’étang régulièrement. Cela vous permettra de vous assurer que l’eau de l’étang est suffisamment oxygénée. Cela est particulièrement important en saison sèche.
  • Videz entièrement l’étang après une récolte complète, afin de retirer la boue et chauler à nouveau l’étang. Écrasez la boue et utilisez la boue composée d’éléments nutritifs pour fertiliser vos champs.
Récolte

  • Environ six mois après l’empoissonnement, les poissons qui ont atteint une taille commercialisable peuvent être récoltés ou en partie récoltés (laissez les alevins dans l’étang pour qu’ils y croissent) ou vous pouvez récolter tout le poisson et nettoyer l’étang.
  • Introduisez une grande senne au niveau de la partie profonde de l’étang. Idéalement, deux personnes postées de chaque côté de l’étang tiendront la senne.
  • Pousser la senne au fond de l’étang pour capturer tout le poisson. Cela peut mieux fonctionner s’il y a au moins trois personnes dans l’étang.
  • Tirer graduellement la senne vers la partie peu profonde.
  • Ramasser la senne vers le coin, tout en vous assurant d’y retenir tout le poisson que vous avez capturé.
  • Retirer la senne hors de l’eau.
  • Mettez le poisson dans un récipient d’eau propre.
  • Triez les poissons. Remettez tous les poissons maigres dans l’étang.
  • En fonction de la demande, commercialisez tout le poisson ou remettez certains dans l’étang.
Tenue de registres

  • Il est important de tenir des registres pour tous les coûts et les recettes de vente. Cela vous permettra de voir si votre activité piscicole est rentable. Les piscicultrices et pisciculteurs pourront également faire un suivi des principales activités entreprises depuis le démarrage d’une activité piscicole.
Aquaculture intégrée à l’agriculture

Le principe de base de l’aquaculture intégrée à l’agriculture consiste à élever des poissons dans des plans d’eau étroitement intégrés dans l’exploitation agricole. L’aquaculture intégrée à l’agriculture vise les objectifs suivants:

  • transformer les déchets agricoles et le fumier en des protéines de poisson de haute qualité;
  • utiliser les nutriments provenant de l’étang (déchets de poisson) comme engrais pour la culture de produits agricoles;
  • réduire l’achat d’intrants à l’extérieur de l’exploitation agricole; et
  • cultivez des légumes autour de l’étang en utilisant ce dernier comme un réservoir d’eau installé sur l’exploitation agricole, et vous pourrez décider également de cultiver des légumes, du maïs et du riz dans la partie humide située au fond de l’étang pendant les périodes de sécheresse.

L’Élément 5 de l’Ensemble de ressources 100 raconte l’histoire d’un agriculteur qui pratique la rizipisciculture intégrée. La pisciculture intégrée à l’élevage peut être associée avec plusieurs types d’animaux, y compris les bœufs, les moutons, les chèvres, la volaille, les porcs ou les lapins. Cela permet aux déchets provenant d’un système (de l’étang ou du champ) d’être utilisés comme intrants dans l’autre système.

L’intégration d’étangs piscicoles dans une exploitation agricole familiale peut accroître la viabilité de l’exploitation, aussi bien sur le plan économique qu’écologique. Au Malawi, une grande sécheresse qui a duré de 1991 à 1995 a eu de graves répercussions négatives sur l’agriculture à petite échelle. Cependant, bien que les cultures de base aient été mauvaises, et que les agricultrices et les agriculteurs aient perdu de l’argent, les étangs piscicoles intégrés ont permis aux exploitations agricoles de tenir le coup. En retenant l’eau sur la terre, les étangs ont permis aux agricultrices et aux agriculteurs de poursuivre leur production alimentaire et de compenser leurs pertes au niveau des terres cultivées.

La

Figure 1
ci-dessous présente un poulailler sur pilotis aménagé au bord d’un étang de pisciculture. La fiente de volaille tombe ou entre dans l’étang, servant ainsi d’engrais pour les plantes et les animaux de l’étang, et qui à leur tour servent d’aliments pour les poissons.

Les méthodes et les rendements de la pisciculture intégrée à l’élevage ou de la rizipisciculture intégrée dépendent des réalités locales. Les agricultrices et les agriculteurs du Malawi réajustent leur système intégré d’aquaponie chaque année suivant la quantité de pluie reçue. Pendant les années de sécheresse, les agricultrices et les agriculteurs pourraient cultiver des légumes sur le fond de l’étang, car il n’y a pas suffisamment d’eau pour élever du poisson. Les légumes pousseront bien sur le sol fertile du fond de l’étang, et subiront moins les effets de la sécheresse.

Figure 1: Poulailler sur pilotis au bord d’un étang piscicole (Image de l’IIRR, 1996, Environmentally Sound Technologies for Women in Agriculture. http://collections.infocollections.org/ukedu/uk/d/Jii01ee/)

Figure 1: Poulailler sur pilotis au bord d’un étang piscicole (Image de l’IIRR, 1996, Environmentally Sound Technologies for Women in Agriculture. http://collections.infocollections.org/ukedu/uk/d/Jii01ee/)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Activités après récolte liées à la pisciculture

Entreposage
Le poisson frais se gâte très rapidement, au bout de 12 heures après avoir été récolté. Pour éviter qu’il ne pourrisse, vous devez soit détruire les bactéries présentes dans le poisson soit les empêcher de se reproduire. Il existe différents moyens de transformer le poisson et d’empêcher les bactéries de se reproduire.

Après la récolte, il vous faut ouvrir rapidement le poisson sur la face inférieure et le vider. Vous pouvez faire sécher les boyaux et les mélanger ensuite avec du son que vous donnerez à manger aux animaux d’élevage, y compris la volaille. Puis, lavez le poisson avec de l’eau propre et placez-le dans des glacières.

Vendez ou cuisinez et consommez le poisson frais le plus rapidement possible. À défaut, vous pouvez conserver le poisson en le salant, le faisant sécher au soleil, le fumant ou par d’autres moyens.

Salaison
Il s’agit d’une méthode peu coûteuse lorsque le sel coûte moins cher, car vous n’avez pas besoin d’électricité et vous pouvez conserver le poisson à la température ambiante. La qualité et la valeur nutritive du poisson sont acceptables après la salaison et le poisson salé à une longue durée de conservation.

Séchage
Le séchage coûte moins cher, car vous n’avez pas besoin d’électricité et cela nécessite très peu d’équipement. Vous avez besoin d’une installation d’entreposage à sec ou d’une installation d’entreposage hermétique. La qualité et la valeur nutritive du poisson sont acceptables si l’entreposage est bien fait.

Fumage
Le fumage ne coûte pas cher parce qu’il requiert peu d’équipement ou d’énergie, mais vous devez avoir du combustible. La qualité et la valeur nutritive du poisson après le fumage sont acceptables.

Fermentation
La fermentation coûte souvent moins cher, mais le goût et l’odeur du poisson changent complètement. La durée de conservation du poisson fermenté varie en fonction du poisson. La valeur nutritive du poisson est souvent élevée.

Réfrigération et congélation
La réfrigération et la congélation du poisson sont des moyens de conservation très coûteux, car ils nécessitent beaucoup d’énergie et d’équipement. La qualité et la valeur nutritive du poisson sont bonnes, et la durée de conservation est longue. Malheureusement, au Malawi, les agricultrices et les agriculteurs d’exploitations familiales ne disposent pas d’équipement pour la fabrication de la glace.

Transformation

En ce qui concerne le poisson élevé dans les étangs au Malawi, la transformation consiste à fumer des espèces comme le chambo et le silure.

Il arrive quelques rares fois que le poisson soit congelé ou recouvert de glace afin qu’il puisse être transporté vers des marchés ruraux et urbains éloignés. Il existe un réseau de commercialisation et de distribution au Malawi, qui ravitaille les marchés ruraux et urbains en poisson. Le poisson est transporté à vélo, sur des bateaux à vapeur, en car et par camion. D’autres techniques de transformation utilisées au Malawi consistent en l’utilisation de fours de fumage creusés dans le sol et de séchoirs verticaux faits de tapis en roseaux. En général, on n’utilise pas de sel pour la transformation du poisson parce que cela coûte très cher.

Bien que 50 % des poissons pris dans les lacs et les rivières soient séchés au soleil et que 30 % soient fumés, les poissons provenant des étangs sont vendus frais d’habitude. Comme la majorité du poisson élevé dans les étangs est vendu sur les marchés locaux, l’intérêt ou le besoin en termes de glace est très peu important. Toutefois, les récentes améliorations enregistrées au niveau de l’accès à la glace peuvent faire une différence pour les grands pisciculteurs et piscicultrices qui désirent transporter leurs tilapias dans les grandes villes.

Commercialisation

En saison pluvieuse, les prises de poisson dans le lac Malawi sont abondantes. Cependant, la majorité des marchands de poisson cultivent pendant cette période et ne se rendent pas sur les rives du lac. En outre, la conservation du poisson en saison pluvieuse est difficile. Pendant la saison pluvieuse, l’accès au poisson est difficile. La saison pluvieuse est également une période difficile durant laquelle les gens manquent beaucoup de nourriture et d’argent. Cela explique probablement pourquoi les prix de nombreuses espèces de poisson baissent en saison pluvieuse, et les hausses de prix surviennent seulement en saison sèche où les acheteurs ont plus de revenus disponibles.

La demande en tilapia est si forte toute l’année que le poisson élevé dans les étangs parvient rarement sur les marchés urbains, et peu de piscicultrices et de pisciculteurs transportent leur poisson sur de longues distances. Ils préfèrent plutôt vendre la grande partie du poisson soit sur l’exploitation agricole soit directement de l’étang, et ils vendent souvent le poisson la veille de la récolte effective. En général, les piscicultrices et les pisciculteurs informent la communauté de la prochaine récolte et les clients arrivent le jour désigné.

Certains piscicultrices et pisciculteurs construisent des kiosques ou effectuent des ventes chez eux pour avoir un meilleur contrôle des ventes et éviter d’endommager les berges des étangs. Certains piscicultrices et pisciculteurs qui sont davantage axés sur le commerce essaient d’améliorer leurs revenus en s’emparant de marchés à créneaux qu’offrent par exemple: les casse-croûtes à base de poisson frit, vendus sur les marchés longeant le bord des routes, dans les gares routières, les écoles primaires et les hôpitaux. D’autres vendent le poisson frais aux écoles secondaires et aux cantines d’hôpitaux, et aux fins d’utilisation lors des expérimentations menées pendant les cours de biologie dans les écoles.

Dans plusieurs régions, le potentiel pour des revenus accrus générés par la pisciculture est limité par l’état des infrastructures locales. Le commerce dans plusieurs régions rurales est restreint par les routes souvent impraticables en saison pluvieuse.

La production des fermes piscicoles commerciales est vendue dans des zones urbaines comme Blantyre, Lilongwe, Zomba et Mzuzu dans de grands magasins et des magasins d’alimentation particuliers.